Comment détecter un vin bouchonné ?

Tout amateur de vin est déjà tombé sur une bouteille de vin bouchonnée. Et pour cause, le vin est un des rares produits consommables dont on sait, qu’il peut être impropre à la consommation. Ce risque est accepté par les consommateurs, les producteurs et les revendeurs. Ce défaut peut se retrouver dans toutes les bouteilles, peu importe le cépage, le vignoble ou la qualité du vin. En effet, toutes les bouteilles qui sont obstruées par un bouchon en liège peuvent être touchées.

Le rôle du bouchon est de garantir au vin un bon vieillissement. Il fait office de filtre entre l’alcool de la bouteille et l’air extérieur. Grâce à sa composition poreuse, il laisse passer une infime quantité d’air dans la bouteille afin de faire évoluer le vin au cours de son vieillissement.

De ce fait, comment détecter le goût de bouchon ? Existe-t-il des solutions pour résoudre ce problème ?

D’où vient le goût de bouchon ?

Aujourd’hui, on estime à 2% le nombre de bouteilles bouchonnées. Le goût de bouchon est détectable au nez, comme on le ferait dans des cours d’œnologie à Beaune, et se manifeste au travers d’odeurs de moisi, de liège frais, de poussière ou de bois humide.

Si jamais le doute subsiste sur une bouteille, il est tout à fait possible de la laisser s’aérer quelques minutes pour que l’odeur s’intensifie au contact de l’air.

Si on rentre dans les détails, le problème devient bien plus complexe et touche aux sciences. En effet, le goût de bouchon vient d’un composant chimique : le TCA (Trichloroanisole). Cette molécule est générée par des moisissures contenues dans le bois lorsqu’elles sont mises en contact avec des composés chlorés. Cependant, lors de la fabrication du bouchon, le liège doit être nettoyé à la javel, qui contient du chlore.

Le plus gros problème vient surtout du fait qu’un seul gramme de TCA peut contaminer 200 millions de bouteilles. Il est donc primordial de prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter ce problème lors de la fabrication des bouchons.

Comment résoudre ce problème ?

Il existe pourtant des solutions à ce problème généralisé. La première consiste à changer les techniques de nettoyage. Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a mis au point une technique pour laver le liège avec un gaz carbonique. Mise au point en 2000, elle est actuellement testée pour voir son efficacité dans le temps.

L’autre solution est d’utiliser des bouchons synthétiques qui ne sont pas contaminables au TCA. Néanmoins, ils sont moins poreux et ne laissent pas passer autant d’air que les bouchons traditionnels. Ils ne sont donc pas conçus pour des vins de garde destinés à se bonifier avec le temps.

En clair, les bouchons synthétiques sont à réserver aux vins qui ne sont pas destinés à vieillir plusieurs années et les bouchons en liège aux vins de garde.

Il est aussi important de savoir qu’il est possible de retourner une bouteille bouchonnée achetée en grande surface ou dans un restaurant. Le producteur ou le restaurateur s’engagent à l’échanger.